Archive pour mai 2009

Quelques nouvelles du mouvement universitaire à Caen

Après près de 4 mois de lutte contre les différents projets de Xavier Darcos et Valérie Pécresse, il est difficile de saisir le mouvement en cours à l’université dans son ensemble.

S’il est certain que la grande majorité de la communauté universitaire est opposée à la politique du gouvernement en ce qui concerne l’enseignement supérieur et la recherche, la mobilisation est très variée d’une ville à l’autre, que ce soit par ses formes ou son ampleur. Il est ainsi très difficile de juger des perspectives actuelles.

Le gouvernement espère donner le change avec quelques petites concessions : recul d’un an de la réformes des concours de l’enseignement secondaire et primaire ; mois de bourse supplémentaire pour les facs où les examens seront décalés, légère réécriture du décret concernant le statut des enseignants-chercheurs…

Mais tout cela n’est que broutille : la mastérisation est toujours en route, la LRU n’est pas reniée, loin s’en faut et bien des revendications n’ont pas été abordées. Finalement, les chances que les reculs du gouvernement se poursuivent sont bien maigres, au moins à court terme. Peut-être qu’un mouvement de très longue durée, dont les formes restent à inventer, déboucherait sur autre chose. Ou une hypothétique convergence des luttes…

A Caen, ville devenue emblématique du mouvement par sa radicalité, la situation n’est pas plus claire.

Dernière assemblée générale, mardi 19 mai, le blocage est reconduit à une large majorité, dans une AG de 1500 personnes (contre 3000 une semaine plus tôt).

Mais de nombreux cours se tiennent, délocalisés sur d’autres campus que celui de centre ville, ou parfois même au domicile des enseignants.

Même ceux qui avaient annoncé respecter l’AG ont décidé de reprendre les cours lundi prochain (en histoire par exemple).

Et finalement, après la fermeture de certains locaux par la présidente, les bâtiment “officiellement” bloqués ne sont pas occupés.

Mardi dernier devait également avoir lieu une manifestation pour se joindre aux personnels de la santé et du social en lutte : les CRS ont empêché la jonction. La répression est ainsi omniprésente depuis plusieurs semaines.

Bref, il est là aussi difficile de prédire quoi que ce soit.

Reprise des cours ? Convergence ? Poursuite du mouvement sous d’autres formes ? En tout cas, chez les étudiants en lutte, la fatigue et le désarroi sont palpables ; chez beaucoup, la détermination aussi.

- Une chronologie de la répression à Caen :

http://unicaen.free.fr/forum/index.php?p=topic&p_id=4677#p4677

- Pour s’informer plus amplement sur le mouvement, 2 sites à consulter :

http://www.sauvonsluniversite.com/

http://sciences.blogs.liberation.fr/

Contre sommet de Louvain, Pour un enseignement supérieur libre, gratuit, émancipateur

” Alors que les mobilisations en France se poursuivent contre une politique de l’enseignement supérieur et de la recherche qui participe d’un projet de transformation néolibérale de la société, deux conceptions de l’enseignement supérieur en Europe se sont exprimées à Louvain, à l’occasion des dix ans du processus de Bologne.

La déclaration des quarante-six ministres de l’enseignement supérieur présents a défini des perspectives européennes pour 2020. Si l’objectif de «renforcer la capacité des étudiants à devenir des citoyens actifs et responsables» y est annoncé, il ne donne lieu à aucun développement. Pas la moindre proposition de mise en œuvre concrète. Par contre, le développement des compétences pour s’intégrer dans le marché du travail, puis s’adapter à ses évolutions rapides, occupe une large part du texte. De même, le terme «coopération» apparaît ici et là, alors que les notions de concurrence et d’attractivité des étudiants ou des «meilleurs» enseignants et chercheurs sont omniprésentes. Enfin, le financement public est affirmé comme un «moyen prioritaire pour assurer un accès équitable aux études et un développement autonome des établissements». Mais la phrase suivante remet les choses en ordre : «une grande attention devra être accordée à la recherche de sources et méthodes de financement nouvelles et diversifiées ». Comprendra qui voudra.

Pour les ministres, l’objectif est explicitement la poursuite et l’achèvement du processus officiellement ouvert à Bologne en 1999. Un processus de transformation de l’enseignement supérieur en Europe dont ils jugent très positif le bilan des dix premières années.

Or, le contre-sommet s’est justement ouvert par une séance de bilan pays par pays (Angleterre, Danemark, Belgique, France, Allemagne, Espagne, Italie) qui a permis de saisir concrètement la transformation des systèmes nationaux d’enseignement supérieur : voir l’annexe ci-après. Une même direction est effectivement suivie partout en Europe. Certes, selon des modalités et des rythmes différents. Mais l’ensemble est édifiant:

- Soumission des universités à la quête de financement, à la concurrence et au pouvoir intrusif des entreprises.

- Pouvoir exorbitant des présidents.

- Augmentation des frais d’inscription des étudiants, remplacement des bourses par des prêts bancaires.

- Dans les pays les plus «avancés», réduction du nombre de cours en philosophie, lettres, sociologie, disciplines qui ont le tort de développer la pensée critique; ou encore évolution du contenu d’enseignement faisant de ces disciplines des lieux d’adaptation néolibérale et non plus des lieux de débat contradictoire et de pensée critique.

Ce contre-sommet s’est conclu par une déclaration, qui se trouve sur le site de la Vague européenne (http://www.vagueeuropeenne.fr/), réseau organisateur du contre-sommet, composé essentiellement d’étudiants. Ses objectifs sont le développement d’un mouvement européen de résistance au processus d’asservissement de l’enseignement supérieur et la mobilisation pour «une éducation libre, gratuite et émancipatrice».

Prochain rendez-vous, le contre G8 éducation, du 17 au 19 mai 2009 à Turin Attac Campus, qui a fait de l’enseignement supérieur une campagne prioritaire, y participera. Puis, en perspective, une mobilisation en mars 2010, à l’occasion du Conseil européen des dix ans de la stratégie de Lisbonne.

En vue de cette échéance, en France s’est constitué le collectif printemps 2010, avec pour objectif de développer un réseau européen d’organisations d’universitaires, de chercheurs ou d’étudiants, ainsi que d’associations intéressées. Il organise le 30 mai prochain, au Centquatre à Paris, une réunion publique faisant le point sur l’enseignement supérieur et la recherche dans différents pays européens, le matin, puis sur les résistances et la construction du réseau européen, l’après-midi.

Représenté à Louvain par certaines de ses organisations membres (Attac, le SNESUP, la Fondation sciences citoyennes…) le Collectif printemps 2010 (constitué d’organisations) est né indépendamment de la Vague européenne (constituée de personnes). Réciproquement la création de la vague européenne n’a pas à voir avec le Collectif printemps 2010. Mais d’emblée ces deux réseaux ont entretenu des rapports de dialogue et de soutien mutuel.”

Marc Delepouve Représentant du SNESUP au contre sommet de Louvain.

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Annexe : Contre sommet de Louvain/Bruxelles, du 25 au 29 avril 2009

Bilan des dix ans de Bologne, pays par pays (Résumé des interventions, hormis celles portant sur la France).

Angleterre

Réforme:

- Les universités ne sont plus dirigées par des élus.

- Actuellement des cours sont supprimés en philosophie, sociologie…

- Les matières telles que la philosophie ou les sciences politiques subissent de la part des milieux de l’économie des pressions pour en faire des lieux ou outils d’adaptation et non pas de critique.

- L’enseignement de l’anglais langue étrangère est privatisé.

- Les universités sont financées par les étudiants à hauteur de 3000 livres en licence, et de 10 000 livres après la licence.

- Le problème des disciplines telles que la philosophie est que l’espoir de salaire à la sortie n’est souvent pas suffisant pour permettre des prêts étudiants.

- Le logement social étudiant est privatisé.

Mobilisations:

- Lors de son dernier congrès, le principal syndicat étudiant a décidé d’abandonner le principe de la gratuité des études.

- Il est difficile de mobiliser les étudiants, d’autant qu’ils sont dans une démarche de financement de leurs études, de nature investissement individuel, qui a pour conséquence une occupation à plein temps de leurs journées. D’une phrase, certains résume la situation: «Les étudiants de la classe moyenne doivent bosser dans les bars pour étudiants riches».

Espagne :

En 2004, la LOU initie la libéralisation/privatisation:

- «autonomie» comme en France et gestion financière par les établissements,

- Sélection à l’entrée,

- Développement du pouvoir des entreprises dans les décisions.

En 2005 la gauche nouvellement arrivée au pouvoir stop la LOU, puis sous couvert d’Europe amorce une relance du contenu de la LOU.

Les masters donnent lieu à des doits d’inscriptions qui sont fonction de l’offre et de la demande: plus un master est demandé, plus il est cher.

Danemark:

- Non seulement les études sont gratuites mais elles donnent lieu à une rémunération : 600 euros par mois sur une période maximale de six ans. En février 2009 des manifestations se sont opposées à une réduction de cette période à 4 ans.

- Les études sont aussi gratuites pour tous les étudiants de l’Union européenne. Jusqu’à il y a deux, elles étaient gratuites pour tous les étudiants du monde. L’enseignement est en danois.

- L’intrusion des entreprises dans les universités est de plus en plus importante. Notamment, auparavant les onze membres des CA étaient ou personnels ou étudiants et actuellement c’est 2 étudiants, 2 enseignants, 1 BIATOS, 6 représentants d’entreprises.

- Le gouvernement vient d’autoriser les universités privées.

- Actuellement une mobilisation porte contre l’appropriation (brevets) par des entreprises des découvertes universitaires.

Italie:

Bilan: Quelques chiffres de l’OCDE (2006) :

- Pourcentage d’étudiants bénéficiant d’un logement social: Danemark, 20%; Suède, 17%; Allemagne, 10%,; France, 8%; Italie, 1,7%.

- Dépense pour l’enseignement supérieur: Union européenne, 1,2%; Italie, 0,8%.

- Dépense pour la recherche, c’est en Italie environ la moitié de la moyenne européenne.

- Nombre d’enseignants du supérieur: Allemagne, 115 000; Grande Bretagne, 126 000; France, 77 000; Italie, 50 000.

Frais d’inscription en 2006 : 1 800 euros. Mais depuis le gouvernement a donné aux universités l’autorisation de devenir de droit privé, d’où des frais d’inscription libre. Lequel est en fait rendu obligatoire par la baisse du financement de l’Etat. Ainsi les études de lettres à Florence donneront lieu à des frais d’inscription de 8 000 euros à partir de 2009.

Dès 1999 le LMD fut mis en œuvre. En 2004 (gouvernement Berlusconi) une loi similaire à la LRU a été votée.

Réforme de l’école primaire, loi de 2008 :

- Retour de l’uniforme pour les élèves.

- Enseignement de la religion catholique.

- Suppression de l’école l’après midi.

- Suppression des écoles de petite taille.

- Retour à un instituteur par classe. Depuis les années 90, afin que les élèves bénéficient d’une pluralité d’approches, les enfants avaient plusieurs profs.

- Un pan de la réforme a été retiré: la séparation des élèves italiens et des migrants.

Par ailleurs, seulement un tiers des départs à la retraite de fonctionnaires est remplacé. Se développe «en contre partie» la précarité.

Mobilisation 2008 : début octobre, des enseignants d’une école occupent leur école. De là s’est enclenché une mobilisation de tout l’enseignement. Mais les vacances de Noël verront la fin du mouvement.

Belgique:

Il n’existe pas de syndicat étudiant en Belgique. L’enseignement supérieur y est communautaire: francophone / flamand.

Les universités sont déjà autonomes depuis plusieurs années. Les financements sont de 80 à 90 % d’Etat.

En Belgique francophone les trois grosses universités sont en train d’absorber les petites qui gravitaient autour.

800 euros d’inscription en Belgique francophone.

Accroissement de la concurrence: les universités s’arrachent les étudiants, dont les internationaux.

Les étudiants ne sont pas conscients de ce qui se passe dans leurs universités.

Université catholique de Louvain-la-Neuve : LMD en place depuis 5 ans.

Université libre de Bruxelles (ULB, publique), lieu du contre sommet:

La philosophie et les lettres sont les plus visées par les réformes de l’ULB. En philo, passage de 20 cours par an à 12.

Les objectifs stratégiques (officiels) du recteur de l’université : 1. Etre bien rangé dans les classements; …; Dernier objectif, penser la société.

La clef de répartition des finances en fonction du nombre d’étudiants est étendue à la nomination des profs. Par exemple UN pour les lettres, DEUX pour les sciences, TROIS pour les sciences appliquées. Si bien que mécaniquement le nombre d’enseignants en lettres va en décroissant, d’où la fermeture de cours et/ou des effectifs pléthoriques.

Solvé, l’homologue d’HEC Paris, fonctionne telle une entreprise. Elle a été fusionnée avec la fac d’économie de l’ULB. Si bien que cette fac possède maintenant des chaires privées (marchand de bière, etc.).

Deux étudiants de l’ULB ont participé très activement à la préparation du présent contre sommet. Dont l’animateur de groupe Attac campus de l’université, lequel rassemble 20 étudiants (ce qui est exceptionnel en Belgique).

Allemagne:

Bilan

Les frais d’inscription n’ont dans un premier temps porté que sur les dernières années d’études longues. 2005 amorce une généralisation à l’ensemble des années. Aujourd’hui cette généralisation touche 6 régions sur 16.

Les universités allemandes ont un Sénat: 8 étudiants, 8 enseignants, 5 BIATOS. Mais le président est nommé par une autre instance, et le renforcement du pouvoir du président à marginalisé le Sénat.

Le mode de gestion type LRU à entraîné une modification de l’esprit du savoir enseigné.

De plus en plus de connections avec l’entreprise, ce qui entraîne des spécialisations telles que l’armement.

Droite/gauche poursuivent le processus de privatisation des universités.

Mobilisation:

2001, lutte, grève, manifestation de colère;

2005, lutte plus pacifique;

2006, blocage d’autoroutes, de centres commerciaux (les mobilisations contre le CPE ont inspiré les étudiants allemands).

Bilan général exprimé par de nombreux intervenants: le mouvement est déjà européen, car beaucoup de pays d’Europe y ont participé. Il lui reste à s’organiser à ce niveau.

Ce qui est l’objet de la vague européenne.

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Collectif «Printemps 2010» : Attac; Fac verte ; Fédération CGT de l’éducation, de la recherche, et de la culture (FERC Sup-CGT) ; Fondation sciences citoyennes; Sauvons la recherche (SLR); Sauvons l’université (SLU); Sud éducation, Sud étudiants, Sud recherche; Syndicat national des chercheurs scientifiques (SNCS-FSU); Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNESUP-FSU); Syndicat national des travailleurs de la recherche scientifique (SNTRS-CGT); Union nationale des étudiants de France (UNEF); Union des familles laïques (UFAL). Ce collectif milite notamment « contre la mise en marché des activités éducatives et scientifiques, contre la mise en compétition généralisée des populations et des territoires, pour un service public de l’enseignement supérieur et de la recherche, démocratique et émancipateur ». Voir l’appel fondateur du collectif http://groups.google.fr/group/collectif-printemps-2010/web/appels .

RONDE La 1000 et 8ème heure est pour demain !

La ronde continuera sous d’autres et multiples formes :
Texte lu à la conférence de presse du 4 mai 2009

Ronde infinie des obstinés :


L’ultimatum des mille et une heures

Depuis mille heures, nous tournons place de Grève, jour et nuit, comme nous l’avions annoncé lorsque nous sommes venus y déposer notre ultimatum, le 16 mars.
Depuis mille heures, des enseignants chercheurs, des chercheurs, des personnels biatoss, des étudiants, les IUFM, des artistes, des citoyens ayant à coeur de défendre l’indépendance de la pensée, marchent jour et nuit pour manifester leur refus de la LRU.
Depuis mille heures, ce sont plusieurs milliers de personnes qui se sont succédés en place de grève, issues de toutes les universités d’Ile de France, et parfois même de province, de toutes les disciplines. Des universitaires que la loi LRU voudrait placer en concurrence les uns avec les autres témoignent, ici, de leur entière solidarité, de cette idée d’une communauté que les tenants du marché ne sauraient ni admettre ni peut-être même comprendre.
Depuis mille heures, nous avons défendu une idée de l’université ouverte sur l’avenir, populaire, démocratique, tout entière vouée à sa mission qui est de former des générations d’étudiants et de contribuer à la création de savoirs nouveaux.
Aujourd’hui, alors que la mille-et-unième heure vient de passer, force est de constater que le gouvernement n’a rien voulu entendre de nos revendications. Il s’est entêté à tenir une posture idéologique qui admet pour seul prédicat la rentabilité immédiate, qui stigmatise le risque de la pensée comme un luxe inutile et toutes libertés de recherche comme autant de privilèges.
Aux négociations, ce gouvernement a préféré s’en tenir à la menace et au mensonge.
Mais à trop vouloir affirmer que tous les problèmes sont résolus et que le mouvement des universités s’essouffle, cette politique de communication a perdu toute crédibilité.
Et c’est ici la première victoire de notre ronde infinie des obstinés et du mouvement universitaire.
Depuis plus de mille heures, y ont tourné des universitaires dont certains assumaient une grève totale de leur service enseignant, tandis que d’autres substituaient aux cours habituels des séminaires de grève, et que d’autres encore,en raison de la préparation de concours, apportaient à leurs étudiants la totalité des enseignements dont ils pouvaient avoir besoin.
Cette hétérogénéité n’a jamais occasionné la moindre dissension parmi nous, et la ronde a permis à chacun de marquer sa détermination, de s’inscrire dans un mouvement de résistance face à une politique que tous condamnent avec la même fermeté.
La ronde infinie des obstinés, en convergence avec tous ceux qui luttent contre ces décrets, témoigne de notre engagement à obtenir leur abrogation, et dès maintenant à en refuser l’application. Les maquettes de mastérisation continueront de tourner dans l’infini de notre refus et les modulations de service se dissoudront dans notre commune obstination.
Au silence des gouvernants, la ronde infinie des obstinés oppose le flux permanent de nos paroles. Et sous chacune de ces paroles, c’est un nouvel acte contre cette politique qui est inventé.
À travers ces mille heures de marche ininterrompue, c’est bien une résistance qui s’est engagée. Et cette résistance s’exercera jusqu’à ce que le gouvernement apporte des réponses à la mesure de la crise profonde qu’il a provoquée par la LRU, et jusqu’à ce qu’il ouvre de véritables négociations.
Non seulement la ronde infinie des obstinés n’est pas près de se dissoudre, mais elle compte bien intensifier son action, se trouver de nouveaux terrains d’application et de nouvelles déclinaisons temporelles de l’infini.
A l’issue de ces mille heures, c’est donc un second ultimatum que nous posons aujourd’hui. Aucun des quatre points qui ont suscité notre présence place de grève n’a reçu de réponse satisfaisante. La ronde infinie des obstinés tout au long du mois de mai déclenchera donc autant de rondes intempestives que cela sera nécessaire, à Paris comme en Province.
Que nos ministres de tutelle le sachent, notre marche lancinante et déterminée n’est pas près de rompre. Elle entre dans une dynamique centrifuge, elle réapparaîtra plus massive et intempestive et s’associera plus encore aux autres secteurs en lutte.
Ainsi, si le 1er juin, aucune avancée significative de nos revendications n’est constatée, la ronde infinie des obstinés s’invitera dans le débat des élections européennes. De toutes les universités, nous convergerons vers un nouveau point de ronde et nous reprendrons notre marche, jour et nuit, pour rappeler à l’opinion le peu de cas que ce gouvernement fait de l’université et de notre avenir à tous.
Nous serons présents à cet appel car, tous, nous sommes intensément obstinés et l’infini est de notre côté.

L’OCDE recommande à la France d’aller encore plus loin dans les réformes universitaires

OCDE Réformes économiques : objectif croissance 2009
Notes par pays (mars 2009)

La liste ci-dessous ne concerne que les pays membres de l’Union européenne, et parmi eux uniquement ceux pour lesquels les problèmes de l’Université sont abordés.

Allemagne
Mesures prises : dans plusieurs /Länder, /les universités peuvent maintenant sélectionner les étudiants et percevoir des frais de scolarité, ce qui rend plus flexible la gestion des ressources. La durée des cours universitaires a été réduite et le numerus clausus a été assoupli.
Recommandations : donner aux universités dans les /Länder, /qui n’ont pas encore pris de mesures en ce sens, plus de flexibilité dans la sélection des étudiants.

Autriche

Mesures prises : le premier contrat triennal de performance a été conclu en 2007 entre les universités et le gouvernement; il comporte une budgétisation fondée sur des indicateurs, de nature à renforcer le financement et l’autonomie des universités : 20 % du budget de l’université sont maintenant attribués en fonction d’indicateurs qualitatifs et quantitatifs liés aux résultats.
Recommandations :  autoriser les universités à sélectionner les étudiants et à fixer leurs propres frais de scolarité afin d’améliorer la qualité du service et les incitations des étudiants. Mettre en place un dispositif de prêts remboursables en fonction du revenu ultérieur afin d’éviter l’exclusion des étudiants démunis issus de milieux pauvres.

Finlande
Réduire le temps d’attente nécessaire pour pouvoir entrer dans l’enseignement supérieur afin de faire baisser l’âge moyen des étudiants à l’université, qui compte actuellement parmi les plus élevés en Europe. Réduire la longue durée des études universitaires (en particulier pour le premier cycle) en incitant davantage les étudiants à achever rapidement leurs études et à entrer plus tôt sur le marché du travail grâce à la mise en place de frais de scolarité et au développement des prêts étudiants.

France
Élargir l’autonomie des universités au-delà de ce qui a été réalisé en 2007, surtout pour la gestion budgétaire, le recrutement et la rémunération du personnel. De plus, bien qu’on ait facilité les donations de fondations privées aux universités, de nouvelles mesures sont nécessaires pour favoriser le financement privé des universités, notamment en ayant davantage recours aux droits de scolarité, cette mesure se doublant de prêts étudiants remboursables en fonction du revenu ultérieur.

Grèce
Mettre en œuvre rigoureusement les réformes récentes concernant l’enseignement supérieur et les prolonger par des changements plus décisifs, en accordant plus d’autonomie aux universités et en subordonnant leur financement à une évaluation de leurs performances.

Hongrie
Mettre en place à l’université des droits de scolarité se doublant de prêts étudiants remboursables en fonction du revenu ultérieur.

Irlande
Envisager des frais de scolarité pour l’enseignement supérieur, financés par des prêts étudiants, de façon que les établissements d’enseignement supérieur répondent mieux aux besoins des étudiants.

Italie
Les taux d’obtention d’un diplôme sont faibles dans l’enseignement supérieur par rapport à la moyenne de l’OCDE. Les taux élevés d’abandon à ce degré d’enseignement diminuent l’offre de capital humain et représentent un gaspillage de ressources dans les établissements universitaires.

Mesures prises : une loi adoptée en août 2008 autorise les universités publiques à se transformer en fondations privées. Une loi adoptée au début de 2009 prévoit d’accroître la part des financements calculés en fonction des résultats dans le financement public, mais il reste à définir les modalités de sa mise en oeuvre.
Recommandations : développer les investissements financiers privés dans l’enseignement supérieur en augmentant les frais de scolarité et l’apport de fonds privés, afin d’accroître l’offre (qualitativement et quantitativement) de places à l’université et de faire baisser les taux d’abandon; mettre en place des prêts étudiants remboursables en fonction du revenu ultérieur.

Pologne
Instaurer des droits de scolarité pour les étudiants à temps plein dans les établissements publics d’enseignement supérieur, en même temps que des régimes plus généreux de bourses sous conditions de ressources et de prêts étudiants remboursables en fonction des revenus.

République tchèque
Les inscriptions dans l’enseignement supérieur augmentent rapidement, mais les taux d’obtention de diplômes demeurent faibles, ce qui freine l’innovation et la croissance de la productivité. L’expansion de l’enseignement supérieur exige davantage de ressources et des incitations plus efficaces aussi bien pour les étudiants que pour les établissements.
Mesures prises : aucune mesure significative n’a été prise. Des propositions sont élaborées en vue de lier le financement à des indicateurs de résultats et de qualité.
Recommandations : instaurer dans les établissements publics des droits de scolarité se doublant de prêts étudiants remboursables en fonction du revenu. Faciliter la coopération entre employeurs et universités pour mieux répondre à l’évolution des besoins de qualifications sur le marché du travail. Élargir l’éventail des programmes et améliorer l’accès des adultes aux études, en particulier pour les formations courtes.

Slovaquie
Le taux d’inscription dans l’enseignement supérieur, certes en hausse, est faible au regard des autres pays de l’OCDE, ce qui a des répercussions négatives sur la performance du marché du travail et sur la productivité.
Mesures prises : les Universités ont été autorisées à percevoir des droits de scolarité auprès des étudiants à temps partiel. Les autorités ont lancé le programme de modernisation Slovaquie 21, qui prévoit des mesures à court et moyen terme pour renforcer le cadre institutionnel de l’enseignement.
Recommandations : rendre les études supérieures plus attrayantes en proposant des programmes à visée professionnelle d’une durée de deux à trois ans. Étendre les droits de scolarité aux étudiants à temps plein et instaurer des prêts étudiants remboursables en fonction des revenus.

Suède
Développer les prêts par rapport aux bourses pour l’aide financière aux études supérieures et instaurer des droits de scolarité pour accélérer l’entrée des étudiants dans la vie active.




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