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Intervention d’Etienne Adam au forum de l’Appel des Appels le 20 juin dernier à Caen

Une petite remarque préalable. Quelqu’un disait tout à l’heure : « on parle beaucoup de libéralisme et pourquoi pas de totalitarisme » Je veut rappeler qu’un 11 septembre peut en cacher un autre;  celui de 2001, ce 11 septembre 1973 avec le putsch de Pinochet au Chili.

C’est sous ce régime que les premières politiques libérales, les recettes des Chicago Boys, on été appliquées. Il est bon de se souvenir du lien entre ce régime violemment répressif et le libéralisme.

Mons intervention portera largement sur le sécuritaire comme composante essentielle du libéralisme que nous devrions appeler libéralisme-sécuritaire.

Le comité de veille existe depuis 4 ans.

Il s’est donné pour tâche d’analyser, de surveiller, l’évolution du travail social . Une veille professionnelle et citoyenne. Lors d’une réunion il est apparu que partout dans le travail social se mettait en place insidieusement une « nouvelle forme» du travail social, souvent cachées derrière une rationalisation « purement technique »où la logique de l’efficacité l’emporte sur l’éthique professionnelle.

Pourtant nombre de lois récentes sont prises au nom des droits des usagers : de la loi de janvier 2002 à celle des tutelles de 2007,  le souci de transparence vis à vis des usagers est le maitre mot.

Bien sûr nous ne pouvons que partager ce souci, que l’usager soit sujet de sa propre vie.

Mais la réalité de la mise en œuvre de ces nouveaux dispositifs est bien à l’inverse de ces grands principes que nous partageons.

Derrière le contrôle démocratique des actions menées,on sent pointer une instrumentalisation des travailleurs sociaux par des secteurs de l’administration sans que ces politiques publiques aient fait l’objet d’un débat public démocratique sur les choix dans ce domaine.

On sent monter un contrôle accru des populations les plus pauvres, les plus précarisées, les plus marginalisées que l’idéologie sécuritaire  perçoit comme les nouvelles classes dangereuses potentielles.

Je veux rappeler le rapport Benisti : il y avait dans ce rapport un coté comique, ridicule dans les formulations de ce rapport et dans sa prétention scientifique ( le schéma de l’écart par rapport au « bon chemin » est un modèle de bêtise de droite satisfaite d’elle même). Mais il a donné lieu à décisions.

La loi « prévention de la délinquance »  visait à transformer les travailleurs sociaux en indics de police, indics particulièrement intéressants puisqu’ils ont accès par leurs fonctions à l’intimité des personnes « à risques ».

Nous assistions au glissement de la notion de prévention à celle de prévention de la délinquance. Pendant des années, et pour nous en particulier dans notre culture professionnelle, la prévention s’opposait à la répression. Elle visait même à prévenir la répression et à lui substituer des mesures d’assistance éducative : c’était par exemple l’esprit des ordonnances de 1945 sur la protection de l’enfance. Vous remarquerez que toute la droite libérale veut liquider ce qui s’est fait à la Libération.

Prévenir la délinquance c’est sanctionner avant que les délinquants potentiels puissent agir, c’est la même démarche idéologique que la guerre préventive de Bush: il s’agit de lutter contre un ennemi peu identifié : ce sont des populations entières qui sont considérées comme « classes dangereuses » et doivent être surveillées et contrôlées.

Et c’est là que l’on trouve un second glissement : la lutte préventive contre les délinquants potentiels ne relève plus de la justice, mais de la police de maintien de l’ordre public, en dehors du judiciaire, à la seule disposition des autorités administratives. C’est le maire qui a été retenu pour exercer cette autorité parce ce niveau apparait comme le lieu d’une simple gestion technique : cette technicité masque mieux le glissement vers une conception autoritaire du pouvoir politique .

Le vote de la loi dans une version modifiée n’a pas remis en cause cette logique de soumission du social au sécuritaire, la mobilisation très diversifiée et éclatée (les collectifs de travailleurs sociaux refusant la délation n’ont jamais rejoint l’appel « non au zéro de conduite » ou les résistances dans le secteur psychiatrique) a néanmoins contraint à des reculs non négligeables.

Aujourd’hui le comité de veille apporte sa contribution à la lutte contre la démolition par le patronat du secteur de la convention collective de 66.

Pour nous, derrière la perte des acquis sociaux, c’est le statut professionnel, la conception même d’un travail social au service des personnes en difficultés, qui sont mis en cause. C’est un débat éminemment politique puisqu’il touche à la manière dont une société traite celles et ceux que le fonctionnement de cette société laisse de côté ou exclut.

On ne peut qu’être frappé par le changement total entre les 2 Conventions Collectives.

Comment expliquer un tel changement ?

Par la crise du social, celle de l’Etat social qui se voit miné chaque jour davantage par l’Etat pénal : pour s’occuper des pauvres, surtout quand ils deviennent de plus en plus nombreux et de plus en plus inquiétants, rien ne vaut la matraque et la prison ! Aujourd’hui avec le délitement de l’Etat Social, le travail social classique ne fonctionne plus, il subit de plus en plus les nécessités de l’ordre public.

Alors, les employeurs organisent une véritable déqualification, disqualification des salariés du secteur .

Le savoir faire professionnel est de moins en moins reconnu : qualification sanctionnée par un diplôme, autonomie dans le travail, expérience professionnelle, tout cela n’a plus cours.

Les travailleurs sociaux doivent être relégués à un rôle d’exécutants d’un travail rationalisé et défini d’en haut: certains rêvent d’une organisation scientifique du travail social, d’un nouveau taylorisme où les fonctions de conception du travail seraient séparées de celles d’exécution.

Bien entendu ces changements sont conduits par des gestionnaires qui souhaitent importer dans notre secteur des modes de gestion des entreprises privées en faisant fi de ce qui constituait la culture professionnelle et les modes de fonctionnement des établissements et services du social.

Ce qui est visé, avec cette nouvelle Convention Collective, c’est bien sûr la rentabilisation financière, la baisse des coûts. Mais c’est aussi pour les personnels de ce secteur un véritable changement de statut, la perte d’une identité professionnelle et la transformation en « OS du social ».

Nous sommes face à une tentative de transformation régressive des métiers pour avoir des salariés soumis. Comme les enseignants chercheurs, c’est notre autonomie par rapport à une hiérarchie et aux pouvoirs qui est mise en question : c’est pourquoi on peut dire sans exagérer qu’il s’agit bien d’obtenir une soumission des travailleurs sociaux pour accomplir les nouvelles tâches que l’Etat sécuritaire leur assigne.

Pour cela la « nouvelle convention »met en œuvre des outils juridiques pour obtenir et perpétuer cette soumission : insécurité professionnelle et individualisation des droits.

L’insécurité : au delà des nombreux précaires employés dans notre secteur et qui ont probablement servi de cobayes, c’est l’ensemble des professionnels qui seront précarisés,

Le licenciement est considérablement facilité .

Une disposition,discrètement inscrite en début du Chapitre Exécution du contrat de travail, dit: « Le salarié exerce ses fonctions en conformité avec le projet d’association et le projet d’établissement.. ». Mais qui juge que le salarié n’est pas conforme, qu’est ce que la conformité? Tout cela favorise le fait du prince et rend quasiment impossible le recours aux juridictions prudhommales.

La fin des garanties collectives : ce texte ouvre la voie aux dérogations, entreprise par entreprise, au risque de dumping social. Tout ceci est bien sûr source d’insécurité collective.

Mais le texte va encore plus loin en individualisant le contrat de travail pour obtenir un « consentement des salariés » fondé sur la fragilité des accords individuels.

Ce projet, condensé d’une approche « managériale moderne », est réactionnaire au sens fort du terme non seulement parce qu’il est un retour en arrière pour les salariés mais aussi parce qu’il est construit contre les usagers, pour servir une certaine politique de « nuit sécuritaire ».

Le comité de veille voit avec “l’appel des appels” se construire un front de résistance et de réponse aux dégâts de la contre-révolution dont Sarkozy est le nom.

Nous avons une lutte en commun à mener ( avec par exemple les chercheurs qui contestent à la « criminologie sécuritaire » la qualité de discipline scientifique) contre les « marchands de soupe sécuritaire », les Bauer et consorts, qui dirigent les « instituts sur la sécurité » où les groupes font leur beurre sur le sécuritaire, domaine ouvert à la privatisation, à la marchandisation et aux profits : c’est une dimension essentielle qu’il ne faut pas laisser de côté.

L’action du comité de veille se situe bien dans cette perspective de lutte idéologique contre cette véritable régression intellectuelle qui nie des années de pratique et d’élaborations théoriques. Nous souhaitons continuer avec d’autres dans le cadre de l’appel des appels à mener cette veille et à dénoncer « cette crise de la professionnalité » dans le travail social que met en évidence un rapport de l’ONPES et de faire de cette dénonciation une outil de lutte et d’émancipation pour professionnels et usagers.

Quand on dit que Sarkozy fait une “guerre contre l’intelligence” ce n’est pas seulement parce qu’il est peu cultivé (La princesse de Clèves et encore récemment l’oubli des anglais dans le débarquement…) mais surtout parce que sa haine de la culture traduit un choix politique : le refus d’une culture émancipatrice.

Ceux qui ont le pouvoir veulent éviter que le plus grand nombre ait l’intelligence de ce monde : rendre ce monde intelligible au plus grand nombre, c’est ruiner le pouvoir de ceux qui dominent.

Nous ne pouvons nous contenter des dénonciations nécessaires.

Résister c’est créer, refuser la politique de la peur c’est construire une autre vision de la société et du lien social.

La désobéissance civique, dont l’engagement à ne pas appliquer la loi prévention de la délinquance était un premier exemple, ne peut se fonder que sur une autre conception de l’autonomie professionnelle, de la pratique professionnelle mais aussi des rapports aux pouvoirs, de la démocratie.

FORUM DE L’APPEL DES APPELS A CAEN SAMEDI 20 JUIN 2009

Télécharger ce document en version pdf : Forum appel des appels 20 juin 2009

Le comité local appelait à ce rendez vous “pour penser ensemble la façon dont on peut résister aux logiques formelles actuelles (financières, administratives, sécuritaires…) et garantir la spécificité du travail dans le champ humain”.

Plusieurs intervenants de secteurs différents (santé, éducation, travail social, justice, …) étaient invités à témoigner et à ouvrir le débat.

  • Joël H. ancien directeur d’AEMO:

L’OMC prône une généralisation de la libéralisation des services y compris des services sociaux au nom d’une concurrence libre et non faussée.

Cette orientation a été ratifiée par l’Union Européenne: le droit communautaire interdit toute aide des Etats (Art 87) sauf exception, si cela peut nuire aux fonctions d’intérêt général. Il existe alors des systèmes de compensations, dérogations qui doivent se faire selon des règles strictes en évitant “l’erreur manifeste”. (Ainsi les Pays Bas se sont fait épingler récemment sur l’idée de favoriser la création de logements sociaux en dehors des “ghettos” habituels. Il leur a été fait le reproche “d’aide abusive”).

Les SIG (services d’intérêt général ) sont considérés comme des entreprises qu’ils soient publics ou privés puisque toute prestation fournie contre rémunération est une prestation économique.

Ils peuvent donc être confiés à des opérateurs du secteur marchand même s’il s’agit de missions de service public.

On assiste à une installation massive du libéralisme y compris dans les esprits et au développement de concepts d’individualisme, de charité individuelle ….

Il est indispensable de résister en apportant des contre- modèles d’ Europe Sociale; par exemple, faire pression sur les députés européens et en particulier sur les parlementaires français pour extraire les services sociaux des SIEG (services d’intérêt économique général) et stopper ainsi leur marchandisation (loi cadre française soumise au vote des parlementaires d’ici fin 2009).

  • Serge K. responsable départemental de la Ligue des Droits de l’Homme:

On assiste aujourd’hui à une destruction du pacte républicain.

Cela passe par des mesures sécuritaires et par la mise en place d’une société de surveillance.

Au nom de la lutte antiterroriste et de la prévention de la délinquance ou des violences urbaines … on constate la mise en place d’un fichage de plus en plus systématique, d’un rétrécissement des champs d’action de la psychiatrie, d’une généralisation de la surveillance.

Le nombre de détenus en France a été multiplié par 2 en 20 ans.

La jeunesse est montrée du doigt comme une classe dangereuse, nécessitant la mise en place de moyens de contrôle spécifiques : base élèves, textes sur la délinquance des mineurs, etc.

Les sans papiers sont devenus les boucs émissaires et on voit également apparaître une délinquance de “solidarité”.

C’est pour résister à cette pression généralisée que la LDH souhaite s’impliquer dans la démarche de l’Appel des Appels.

  • Alain F. et Hélène N. des secteurs de la psychiatrie et de la pédo-psychiatrie:

La psychiatrie est actuellement très menacée.

Il y a une remise en cause complète des avancées des années 60 (ordonnance de 1960 créant la sectorisation avec une rupture par rapport à l’enfermement et la politique asilaire, une ouverture grâce à la proximité et la continuité des soins par des équipes pluridisciplinaires, le développement des concepts d’antipsychiatrie ou de la psychanalyse…).

Cette remise en cause est avant tout liée à des raisons budgétaires.

On voit apparaître une nouvelle gouvernance et la création de pôles réunissant plusieurs secteurs, pour faire des économies.

On assiste à une déconnexion entre l’intra et l’extra-hospitalier et une suppression du secteur pluridisciplinaire. Ces mesures touchent essentiellement les psychoses graves. Par exemple, les patients atteints de schizophrénie ne peuvent plus avoir de contact avec l’extérieur puisqu’il n’existe plus de structures d’accompagnement extra-hospitalières.

A Caen, par exemple, les 4 CMP doivent fusionner en un seul. Il devient dès lors impossible d’accueillir des patients vulnérables, comme les psychotiques, dans un supermarché de la psychiatrie où ils seront pris en charge par des professionnels qu’ils ne connaissent pas. Ce sont donc bien les plus vulnérables qui sont atteints.

Pour des logiques budgétaires, on doit déterminer des parcours de soins les plus protocolisés, on médicalise +++ en traitant des symptômes et non des patients.
Cela passe par l’évaluation des pratiques professionnelles (certification des établissements de santé) qui débouche sur des protocolisations à l’extrême.

Derrière ces évolutions, on retrouve l’importance des lobbys pharmaceutiques ainsi que la place majeure de la génétique.

On assiste à une approche comportementaliste qui ne prend plus du tout en compte l’environnement : troubles prédictifs des jeunes enfants, troubles de conduite, repérage et dépistage des comportements des enfants de 3 ans.

Ces notions sont reprises par les hommes politiques qui mettent en avant l’origine génétique des pathologies (exemple de l’autisme) et de divers troubles de comportement (en particulier les troubles de désobéissance et de résistance…).

Il se fait un amalgame politicien entre psychose, schizophrénie et dangerosité (cf discours de Sarkozy du 2 décembre 2008).

Une dérive, associée à cet confusion, est le partage du secret professionnel avec les maires ainsi que des textes comme la circulaire de janvier 2009, concernant les patients en hospitalisation d’office. On demande au psychiatre d’attester de la non dangerosité du patient.

Les politiques interviennent de plus en plus sur les pratiques professionnelles sans l’avis des acteurs concernés. Par exemple, le ministre de la santé suisse a interdit récemment une conférence sur l’accompagnement de l’autisme par des méthodes comme le packing.

Dans le même temps, on assiste à une diminution des effectifs au profit des gadgets sécuritaires. On remplace tout ce qui relève de l’intervention humaine non quantifiable, par des process.

Et on aboutit au développement des centres éducatifs fermés et du pénitentiaire pour ados.

Parallèlement, dans le secteur de l’hôpital général, la T2A a des effets dramatiques avec, comme première conséquence, une diminution des hospitalisations longues car peu rentables, au profit d’actes courts, protocolisés, mais laissant de côté toute une partie de la prise en charge des patients ( patients fragiles, vulnérables ou susceptibles de présenter des complications…).

  • Eric M. juge pour enfants

On demande aujourd’hui à la justice de développer une vision hygiéniste jusqu’au risque zéro, une prophylaxie sociale totale. Dans le même temps, on assite à une augmentation des dérives compassionnelles vis à vis des victimes. Le justiciable devient “l’acte qu’il a posé ou qu’il n’a pas posé”, avec des procédures qui font perdre de vue la personne.

La justice “encase”: obligation de soins systématiques, suivi judiciaire avec injonction de soins, surinvestissement de toutes les prises en charge spécialisées…

C’est le cas, par exemple, de la loi sur la dangerosité promulguée en février 2009 avec effet rétroactif et mise en place d’instruments de “mesure de la dangerosité”.

Idem pour les lois sur les peines plancher pour les récidivistes ou les lois sur l’assistance éducative. Il se développe une défiance vis à vis des juges qui n’ont plus qu’un rôle de distributeur de peines.

Il s’agit de supprimer les tiers (juge d’instruction, juge pour enfants) et d’encadrer de plus en plus le travail des juges (code de justice des mineurs).

On voit également une généralisation des fichiers et logiciels qui permettent de recouper les informations; par exemple, les fichiers génétiques sont étendus à quasi toutes les infractions.

Il y a un phénomène de sommation sociale avec obligation de résultat pour les professionnels de la justice; la question de la responsabilité amène à des interventions inadaptées (ouverture du parapluie).
Le juge est de plus en plus souvent écarté au profit du politique avec un encadrement de plus en plus strict de ses champs d’intervention.

Ce phénomène permet l’émergence de la notion de contrat et des dérives associées: le contrat est binaire contrairement à la loi qui est ternaire (importance du tiers qui n’a plus sa place dans le contrat).

Enfin, dans le même temps, il faut relever une déscolarisation massive d’enfants de moins de 16 ans ainsi qu’une exclusion de ces enfants de toutes les institutions. Donc, comme dans le secteur psychiatrique ou la santé, ce sont les plus vulnérables qui sont les plus touchés par ces évolutions.

Il devient urgent de réfléchir localement à l’élaboration d’un réseau des différents professionnels concernés pour contrer toutes ces dérives.

  • Etienne A. représentant du Comité de Veille sociale:

Le néolibéralisme va de pair avec le tout sécuritaire.

Le Comité de veille s’interroge sur les dérives sociales:

- idéologie de la peur

- classes laborieuses = classes dangereuses

- instrumentalisation des travailleurs sociaux

- délitement de l’Etat au profit de l’invidualisme.

La loi de prévention de la délinquance vise à transformer les travailleurs sociaux en indicateurs de police. Il faut noter l’opposition entre “la prévention” et “la prévention de la délinquance”.

La remise en question de la Convention collective de 66 fait partie de cette évolution : derrière la perte des acquis sociaux, il s’agit de remettre en cause les pratiques professionnelles, les savoir-faire, l’autonomie, l’expérience des professionnels.

On transforme les travailleurs sociaux en OS du secteur, en simples exécutants.

La nouvelle Convention Collective vise à insécuriser les professionnels et à les contrôler de plus en plus.

  • Nadine P. professeur à l’Université de Caen :

On assiste du fait du type de pouvoir en place, à une haine de la culture et de l’intelligence.

A ce titre, la situation à l’université est catastrophique et va aboutir à sa disparition complète dans les 10 ans à venir.


Dans le même ordre d’idées, les fusions d’établissements et la suppression des directeurs ne visent -t-elles pas aussi à faire disparaître des capacités créatrices?

  • Laurence T. représentante de l’Education nationale :

Les discours actuels et les exigences vont tous dans le sens d’une rationalisation avec une obligation de retour sur investissements.

Les élèves et les étudiants sont considérés comme des consommateurs potentiels, ce qui favorise la construction d’une école à plusieurs vitesses, avec un socle minimum de connaissances et un questionnement sur l’obligation de scolarisation.

Les mesures actuelles vont toutes dans le même sens:

- discours sur les “enseignants fainéants”

- réforme de la formation des enseignants aboutissant à l’exclusion de certaines couches de la population dans cette formation

- évaluation des enfants le plus tôt possible : base élèves

- externalisation de l’aide personnalisée aux élèves en difficulté

- remplacement de l’école maternelle par des jardins d’enfants…


Le débat qui a suivi ces interventions a permis de faire émerger quelques éléments centraux quant à la suite à donner à ce forum et à cet appel :

  • Il est nécessaire d’avancer “tous ensemble” pour contrer, tout en sachant qu’il va falloir tenir dans la durée. Il s’agit d’une résistance solidaire de longue haleine.

  • Il faut avoir à l’esprit qu’on ne peut plus parler de secteur marchand ou non marchand (par exemple, généralisation du principe de l’appel d’offres dans le champ médico-social, visant à mettre les différents acteurs en situation de concurrence). Il faut donc bien savoir contre qui on se bat, contre quoi?

  • Comment créer une pensée grâce au monde de la culture?

  • Comment régler les difficultés de transmission, coordination de l’information entre les différents secteurs professionnels?

  • Localement, un point de départ intéressant à envisager : les assises de la LOLF (Loi organique relative aux lois de finances) en Basse Normandie.

Ces questions restent ouvertes, en attendant une prochaine rencontre à la rentrée .

La date du samedi 28 novembre a déjà été retenue pour un prochain forum.

D’ici là, toutes les contributions sont les bienvenues.

.

Quelques nouvelles du mouvement universitaire à Caen

Après près de 4 mois de lutte contre les différents projets de Xavier Darcos et Valérie Pécresse, il est difficile de saisir le mouvement en cours à l’université dans son ensemble.

S’il est certain que la grande majorité de la communauté universitaire est opposée à la politique du gouvernement en ce qui concerne l’enseignement supérieur et la recherche, la mobilisation est très variée d’une ville à l’autre, que ce soit par ses formes ou son ampleur. Il est ainsi très difficile de juger des perspectives actuelles.

Le gouvernement espère donner le change avec quelques petites concessions : recul d’un an de la réformes des concours de l’enseignement secondaire et primaire ; mois de bourse supplémentaire pour les facs où les examens seront décalés, légère réécriture du décret concernant le statut des enseignants-chercheurs…

Mais tout cela n’est que broutille : la mastérisation est toujours en route, la LRU n’est pas reniée, loin s’en faut et bien des revendications n’ont pas été abordées. Finalement, les chances que les reculs du gouvernement se poursuivent sont bien maigres, au moins à court terme. Peut-être qu’un mouvement de très longue durée, dont les formes restent à inventer, déboucherait sur autre chose. Ou une hypothétique convergence des luttes…

A Caen, ville devenue emblématique du mouvement par sa radicalité, la situation n’est pas plus claire.

Dernière assemblée générale, mardi 19 mai, le blocage est reconduit à une large majorité, dans une AG de 1500 personnes (contre 3000 une semaine plus tôt).

Mais de nombreux cours se tiennent, délocalisés sur d’autres campus que celui de centre ville, ou parfois même au domicile des enseignants.

Même ceux qui avaient annoncé respecter l’AG ont décidé de reprendre les cours lundi prochain (en histoire par exemple).

Et finalement, après la fermeture de certains locaux par la présidente, les bâtiment “officiellement” bloqués ne sont pas occupés.

Mardi dernier devait également avoir lieu une manifestation pour se joindre aux personnels de la santé et du social en lutte : les CRS ont empêché la jonction. La répression est ainsi omniprésente depuis plusieurs semaines.

Bref, il est là aussi difficile de prédire quoi que ce soit.

Reprise des cours ? Convergence ? Poursuite du mouvement sous d’autres formes ? En tout cas, chez les étudiants en lutte, la fatigue et le désarroi sont palpables ; chez beaucoup, la détermination aussi.

- Une chronologie de la répression à Caen :

http://unicaen.free.fr/forum/index.php?p=topic&p_id=4677#p4677

- Pour s’informer plus amplement sur le mouvement, 2 sites à consulter :

http://www.sauvonsluniversite.com/

http://sciences.blogs.liberation.fr/

Contre sommet de Louvain, Pour un enseignement supérieur libre, gratuit, émancipateur

” Alors que les mobilisations en France se poursuivent contre une politique de l’enseignement supérieur et de la recherche qui participe d’un projet de transformation néolibérale de la société, deux conceptions de l’enseignement supérieur en Europe se sont exprimées à Louvain, à l’occasion des dix ans du processus de Bologne.

La déclaration des quarante-six ministres de l’enseignement supérieur présents a défini des perspectives européennes pour 2020. Si l’objectif de «renforcer la capacité des étudiants à devenir des citoyens actifs et responsables» y est annoncé, il ne donne lieu à aucun développement. Pas la moindre proposition de mise en œuvre concrète. Par contre, le développement des compétences pour s’intégrer dans le marché du travail, puis s’adapter à ses évolutions rapides, occupe une large part du texte. De même, le terme «coopération» apparaît ici et là, alors que les notions de concurrence et d’attractivité des étudiants ou des «meilleurs» enseignants et chercheurs sont omniprésentes. Enfin, le financement public est affirmé comme un «moyen prioritaire pour assurer un accès équitable aux études et un développement autonome des établissements». Mais la phrase suivante remet les choses en ordre : «une grande attention devra être accordée à la recherche de sources et méthodes de financement nouvelles et diversifiées ». Comprendra qui voudra.

Pour les ministres, l’objectif est explicitement la poursuite et l’achèvement du processus officiellement ouvert à Bologne en 1999. Un processus de transformation de l’enseignement supérieur en Europe dont ils jugent très positif le bilan des dix premières années.

Or, le contre-sommet s’est justement ouvert par une séance de bilan pays par pays (Angleterre, Danemark, Belgique, France, Allemagne, Espagne, Italie) qui a permis de saisir concrètement la transformation des systèmes nationaux d’enseignement supérieur : voir l’annexe ci-après. Une même direction est effectivement suivie partout en Europe. Certes, selon des modalités et des rythmes différents. Mais l’ensemble est édifiant:

- Soumission des universités à la quête de financement, à la concurrence et au pouvoir intrusif des entreprises.

- Pouvoir exorbitant des présidents.

- Augmentation des frais d’inscription des étudiants, remplacement des bourses par des prêts bancaires.

- Dans les pays les plus «avancés», réduction du nombre de cours en philosophie, lettres, sociologie, disciplines qui ont le tort de développer la pensée critique; ou encore évolution du contenu d’enseignement faisant de ces disciplines des lieux d’adaptation néolibérale et non plus des lieux de débat contradictoire et de pensée critique.

Ce contre-sommet s’est conclu par une déclaration, qui se trouve sur le site de la Vague européenne (http://www.vagueeuropeenne.fr/), réseau organisateur du contre-sommet, composé essentiellement d’étudiants. Ses objectifs sont le développement d’un mouvement européen de résistance au processus d’asservissement de l’enseignement supérieur et la mobilisation pour «une éducation libre, gratuite et émancipatrice».

Prochain rendez-vous, le contre G8 éducation, du 17 au 19 mai 2009 à Turin Attac Campus, qui a fait de l’enseignement supérieur une campagne prioritaire, y participera. Puis, en perspective, une mobilisation en mars 2010, à l’occasion du Conseil européen des dix ans de la stratégie de Lisbonne.

En vue de cette échéance, en France s’est constitué le collectif printemps 2010, avec pour objectif de développer un réseau européen d’organisations d’universitaires, de chercheurs ou d’étudiants, ainsi que d’associations intéressées. Il organise le 30 mai prochain, au Centquatre à Paris, une réunion publique faisant le point sur l’enseignement supérieur et la recherche dans différents pays européens, le matin, puis sur les résistances et la construction du réseau européen, l’après-midi.

Représenté à Louvain par certaines de ses organisations membres (Attac, le SNESUP, la Fondation sciences citoyennes…) le Collectif printemps 2010 (constitué d’organisations) est né indépendamment de la Vague européenne (constituée de personnes). Réciproquement la création de la vague européenne n’a pas à voir avec le Collectif printemps 2010. Mais d’emblée ces deux réseaux ont entretenu des rapports de dialogue et de soutien mutuel.”

Marc Delepouve Représentant du SNESUP au contre sommet de Louvain.

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Annexe : Contre sommet de Louvain/Bruxelles, du 25 au 29 avril 2009

Bilan des dix ans de Bologne, pays par pays (Résumé des interventions, hormis celles portant sur la France).

Angleterre

Réforme:

- Les universités ne sont plus dirigées par des élus.

- Actuellement des cours sont supprimés en philosophie, sociologie…

- Les matières telles que la philosophie ou les sciences politiques subissent de la part des milieux de l’économie des pressions pour en faire des lieux ou outils d’adaptation et non pas de critique.

- L’enseignement de l’anglais langue étrangère est privatisé.

- Les universités sont financées par les étudiants à hauteur de 3000 livres en licence, et de 10 000 livres après la licence.

- Le problème des disciplines telles que la philosophie est que l’espoir de salaire à la sortie n’est souvent pas suffisant pour permettre des prêts étudiants.

- Le logement social étudiant est privatisé.

Mobilisations:

- Lors de son dernier congrès, le principal syndicat étudiant a décidé d’abandonner le principe de la gratuité des études.

- Il est difficile de mobiliser les étudiants, d’autant qu’ils sont dans une démarche de financement de leurs études, de nature investissement individuel, qui a pour conséquence une occupation à plein temps de leurs journées. D’une phrase, certains résume la situation: «Les étudiants de la classe moyenne doivent bosser dans les bars pour étudiants riches».

Espagne :

En 2004, la LOU initie la libéralisation/privatisation:

- «autonomie» comme en France et gestion financière par les établissements,

- Sélection à l’entrée,

- Développement du pouvoir des entreprises dans les décisions.

En 2005 la gauche nouvellement arrivée au pouvoir stop la LOU, puis sous couvert d’Europe amorce une relance du contenu de la LOU.

Les masters donnent lieu à des doits d’inscriptions qui sont fonction de l’offre et de la demande: plus un master est demandé, plus il est cher.

Danemark:

- Non seulement les études sont gratuites mais elles donnent lieu à une rémunération : 600 euros par mois sur une période maximale de six ans. En février 2009 des manifestations se sont opposées à une réduction de cette période à 4 ans.

- Les études sont aussi gratuites pour tous les étudiants de l’Union européenne. Jusqu’à il y a deux, elles étaient gratuites pour tous les étudiants du monde. L’enseignement est en danois.

- L’intrusion des entreprises dans les universités est de plus en plus importante. Notamment, auparavant les onze membres des CA étaient ou personnels ou étudiants et actuellement c’est 2 étudiants, 2 enseignants, 1 BIATOS, 6 représentants d’entreprises.

- Le gouvernement vient d’autoriser les universités privées.

- Actuellement une mobilisation porte contre l’appropriation (brevets) par des entreprises des découvertes universitaires.

Italie:

Bilan: Quelques chiffres de l’OCDE (2006) :

- Pourcentage d’étudiants bénéficiant d’un logement social: Danemark, 20%; Suède, 17%; Allemagne, 10%,; France, 8%; Italie, 1,7%.

- Dépense pour l’enseignement supérieur: Union européenne, 1,2%; Italie, 0,8%.

- Dépense pour la recherche, c’est en Italie environ la moitié de la moyenne européenne.

- Nombre d’enseignants du supérieur: Allemagne, 115 000; Grande Bretagne, 126 000; France, 77 000; Italie, 50 000.

Frais d’inscription en 2006 : 1 800 euros. Mais depuis le gouvernement a donné aux universités l’autorisation de devenir de droit privé, d’où des frais d’inscription libre. Lequel est en fait rendu obligatoire par la baisse du financement de l’Etat. Ainsi les études de lettres à Florence donneront lieu à des frais d’inscription de 8 000 euros à partir de 2009.

Dès 1999 le LMD fut mis en œuvre. En 2004 (gouvernement Berlusconi) une loi similaire à la LRU a été votée.

Réforme de l’école primaire, loi de 2008 :

- Retour de l’uniforme pour les élèves.

- Enseignement de la religion catholique.

- Suppression de l’école l’après midi.

- Suppression des écoles de petite taille.

- Retour à un instituteur par classe. Depuis les années 90, afin que les élèves bénéficient d’une pluralité d’approches, les enfants avaient plusieurs profs.

- Un pan de la réforme a été retiré: la séparation des élèves italiens et des migrants.

Par ailleurs, seulement un tiers des départs à la retraite de fonctionnaires est remplacé. Se développe «en contre partie» la précarité.

Mobilisation 2008 : début octobre, des enseignants d’une école occupent leur école. De là s’est enclenché une mobilisation de tout l’enseignement. Mais les vacances de Noël verront la fin du mouvement.

Belgique:

Il n’existe pas de syndicat étudiant en Belgique. L’enseignement supérieur y est communautaire: francophone / flamand.

Les universités sont déjà autonomes depuis plusieurs années. Les financements sont de 80 à 90 % d’Etat.

En Belgique francophone les trois grosses universités sont en train d’absorber les petites qui gravitaient autour.

800 euros d’inscription en Belgique francophone.

Accroissement de la concurrence: les universités s’arrachent les étudiants, dont les internationaux.

Les étudiants ne sont pas conscients de ce qui se passe dans leurs universités.

Université catholique de Louvain-la-Neuve : LMD en place depuis 5 ans.

Université libre de Bruxelles (ULB, publique), lieu du contre sommet:

La philosophie et les lettres sont les plus visées par les réformes de l’ULB. En philo, passage de 20 cours par an à 12.

Les objectifs stratégiques (officiels) du recteur de l’université : 1. Etre bien rangé dans les classements; …; Dernier objectif, penser la société.

La clef de répartition des finances en fonction du nombre d’étudiants est étendue à la nomination des profs. Par exemple UN pour les lettres, DEUX pour les sciences, TROIS pour les sciences appliquées. Si bien que mécaniquement le nombre d’enseignants en lettres va en décroissant, d’où la fermeture de cours et/ou des effectifs pléthoriques.

Solvé, l’homologue d’HEC Paris, fonctionne telle une entreprise. Elle a été fusionnée avec la fac d’économie de l’ULB. Si bien que cette fac possède maintenant des chaires privées (marchand de bière, etc.).

Deux étudiants de l’ULB ont participé très activement à la préparation du présent contre sommet. Dont l’animateur de groupe Attac campus de l’université, lequel rassemble 20 étudiants (ce qui est exceptionnel en Belgique).

Allemagne:

Bilan

Les frais d’inscription n’ont dans un premier temps porté que sur les dernières années d’études longues. 2005 amorce une généralisation à l’ensemble des années. Aujourd’hui cette généralisation touche 6 régions sur 16.

Les universités allemandes ont un Sénat: 8 étudiants, 8 enseignants, 5 BIATOS. Mais le président est nommé par une autre instance, et le renforcement du pouvoir du président à marginalisé le Sénat.

Le mode de gestion type LRU à entraîné une modification de l’esprit du savoir enseigné.

De plus en plus de connections avec l’entreprise, ce qui entraîne des spécialisations telles que l’armement.

Droite/gauche poursuivent le processus de privatisation des universités.

Mobilisation:

2001, lutte, grève, manifestation de colère;

2005, lutte plus pacifique;

2006, blocage d’autoroutes, de centres commerciaux (les mobilisations contre le CPE ont inspiré les étudiants allemands).

Bilan général exprimé par de nombreux intervenants: le mouvement est déjà européen, car beaucoup de pays d’Europe y ont participé. Il lui reste à s’organiser à ce niveau.

Ce qui est l’objet de la vague européenne.

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Collectif «Printemps 2010» : Attac; Fac verte ; Fédération CGT de l’éducation, de la recherche, et de la culture (FERC Sup-CGT) ; Fondation sciences citoyennes; Sauvons la recherche (SLR); Sauvons l’université (SLU); Sud éducation, Sud étudiants, Sud recherche; Syndicat national des chercheurs scientifiques (SNCS-FSU); Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNESUP-FSU); Syndicat national des travailleurs de la recherche scientifique (SNTRS-CGT); Union nationale des étudiants de France (UNEF); Union des familles laïques (UFAL). Ce collectif milite notamment « contre la mise en marché des activités éducatives et scientifiques, contre la mise en compétition généralisée des populations et des territoires, pour un service public de l’enseignement supérieur et de la recherche, démocratique et émancipateur ». Voir l’appel fondateur du collectif http://groups.google.fr/group/collectif-printemps-2010/web/appels .

RONDE La 1000 et 8ème heure est pour demain !

La ronde continuera sous d’autres et multiples formes :
Texte lu à la conférence de presse du 4 mai 2009

Ronde infinie des obstinés :


L’ultimatum des mille et une heures

Depuis mille heures, nous tournons place de Grève, jour et nuit, comme nous l’avions annoncé lorsque nous sommes venus y déposer notre ultimatum, le 16 mars.
Depuis mille heures, des enseignants chercheurs, des chercheurs, des personnels biatoss, des étudiants, les IUFM, des artistes, des citoyens ayant à coeur de défendre l’indépendance de la pensée, marchent jour et nuit pour manifester leur refus de la LRU.
Depuis mille heures, ce sont plusieurs milliers de personnes qui se sont succédés en place de grève, issues de toutes les universités d’Ile de France, et parfois même de province, de toutes les disciplines. Des universitaires que la loi LRU voudrait placer en concurrence les uns avec les autres témoignent, ici, de leur entière solidarité, de cette idée d’une communauté que les tenants du marché ne sauraient ni admettre ni peut-être même comprendre.
Depuis mille heures, nous avons défendu une idée de l’université ouverte sur l’avenir, populaire, démocratique, tout entière vouée à sa mission qui est de former des générations d’étudiants et de contribuer à la création de savoirs nouveaux.
Aujourd’hui, alors que la mille-et-unième heure vient de passer, force est de constater que le gouvernement n’a rien voulu entendre de nos revendications. Il s’est entêté à tenir une posture idéologique qui admet pour seul prédicat la rentabilité immédiate, qui stigmatise le risque de la pensée comme un luxe inutile et toutes libertés de recherche comme autant de privilèges.
Aux négociations, ce gouvernement a préféré s’en tenir à la menace et au mensonge.
Mais à trop vouloir affirmer que tous les problèmes sont résolus et que le mouvement des universités s’essouffle, cette politique de communication a perdu toute crédibilité.
Et c’est ici la première victoire de notre ronde infinie des obstinés et du mouvement universitaire.
Depuis plus de mille heures, y ont tourné des universitaires dont certains assumaient une grève totale de leur service enseignant, tandis que d’autres substituaient aux cours habituels des séminaires de grève, et que d’autres encore,en raison de la préparation de concours, apportaient à leurs étudiants la totalité des enseignements dont ils pouvaient avoir besoin.
Cette hétérogénéité n’a jamais occasionné la moindre dissension parmi nous, et la ronde a permis à chacun de marquer sa détermination, de s’inscrire dans un mouvement de résistance face à une politique que tous condamnent avec la même fermeté.
La ronde infinie des obstinés, en convergence avec tous ceux qui luttent contre ces décrets, témoigne de notre engagement à obtenir leur abrogation, et dès maintenant à en refuser l’application. Les maquettes de mastérisation continueront de tourner dans l’infini de notre refus et les modulations de service se dissoudront dans notre commune obstination.
Au silence des gouvernants, la ronde infinie des obstinés oppose le flux permanent de nos paroles. Et sous chacune de ces paroles, c’est un nouvel acte contre cette politique qui est inventé.
À travers ces mille heures de marche ininterrompue, c’est bien une résistance qui s’est engagée. Et cette résistance s’exercera jusqu’à ce que le gouvernement apporte des réponses à la mesure de la crise profonde qu’il a provoquée par la LRU, et jusqu’à ce qu’il ouvre de véritables négociations.
Non seulement la ronde infinie des obstinés n’est pas près de se dissoudre, mais elle compte bien intensifier son action, se trouver de nouveaux terrains d’application et de nouvelles déclinaisons temporelles de l’infini.
A l’issue de ces mille heures, c’est donc un second ultimatum que nous posons aujourd’hui. Aucun des quatre points qui ont suscité notre présence place de grève n’a reçu de réponse satisfaisante. La ronde infinie des obstinés tout au long du mois de mai déclenchera donc autant de rondes intempestives que cela sera nécessaire, à Paris comme en Province.
Que nos ministres de tutelle le sachent, notre marche lancinante et déterminée n’est pas près de rompre. Elle entre dans une dynamique centrifuge, elle réapparaîtra plus massive et intempestive et s’associera plus encore aux autres secteurs en lutte.
Ainsi, si le 1er juin, aucune avancée significative de nos revendications n’est constatée, la ronde infinie des obstinés s’invitera dans le débat des élections européennes. De toutes les universités, nous convergerons vers un nouveau point de ronde et nous reprendrons notre marche, jour et nuit, pour rappeler à l’opinion le peu de cas que ce gouvernement fait de l’université et de notre avenir à tous.
Nous serons présents à cet appel car, tous, nous sommes intensément obstinés et l’infini est de notre côté.

Sarkozy à Châtellerault annonce l’embauche de 1800 équivalents temps plein

COMMUNIQUE DE PRESSE  Du 31 mars 2009

Sarkozy à Châtellerault, annonce l’embauche de 1800 équivalents temps plein :

Pour le SNU Pôle Emploi, cette annonce de renfort est la réponse, insuffisante, aux mobilisations du personnel de Pôle Emploi des 1 décembre, 5, 8 et 29 janvier et 19 mars.

Pour mémoire, c’est la moitié des renforts accordés lors de la mise en place du PARE en 2001 !

La situation que l’on connaît actuellement, est sans commune mesure avec 2001 : l’inscription en masse de demandeurs d’emploi des derniers mois, fait exploser les conditions de réception et de constitution de dossiers des demandeurs :

- plus de 3 mois d’attente de décision pour les dossiers d’indemnisations des nouveaux inscrits

- portefeuilles surchargés à 200 ou plus

- entretiens de plus en plus brefs et bâclés ou remplacés par des réunions collectives voire absence d’entretiens pour les demandeurs non indemnisés.

On est loin du compte : Serge Dassault, rapporteur spécial de la mission « travail et emploi », estimait qu’il fallait embaucher 60 000 agents au contact avec le public pour permettre le suivi de 30 demandeurs par conseiller. C’était en juin 2008, la crise n’avait pas encore eu ses effets.

Pour le SNU Pôle Emploi, ce ne sont pas des « mesurettes » successives qui vont régler le problème.

Le SNU Pôle Emploi demande la mise en place d’un plan d’urgence accompagné d’un moratoire.

Il faut :

Abroger la loi du 1er août 2008 et le décret du 13/10/08 : Nous n’avons plus d’offre « raisonnable » à imposer à qui que ce soit

Suspendre le 39.49 : inefficacité, coût élevé pour les usagers.

Abroger la circulaire Hortefeux qui considère les étrangers comme responsables du chômage, incite à la délation et la xénophobie

Réviser totalement la convention tripartite« Etat/Pole-Emploi/Unedic » qui oublie la crise, et mettre en place un contrôle des versements et aides financières aux entreprises pour distinguer les effets d’aubaine des moteurs de création d’emploi.

Détendre le calendrier de la négociation de cette fusion que la Direction veut mener au pas de charge : ce sont les services rendus et les conditions de travail qui sont à traiter prioritairement.

Déclaration des Organisations Syndicales CFE-CGC – CGT – CFDT- CFTC – FO – SNAP – SNU – SUD – UNSA du CNHSCT de Pôle Emploi

” La naissance de Pôle emploi est un amplificateur et un accélérateur de la dégradation sans précédent des conditions de travail de l’ensemble des personnels.

Depuis de nombreuses années, le manque d’effectif chronique des deux institutions est mis en lumière entre autre, par le recours aux heures supplémentaires du côté ex-ASSEDIC et par la taille excessive des portefeuilles dans le cadre du suivi mensuel personnalisé (SMP) pour les ex-ANPE.

La mise en place chaotique de Pôle emploi, ajoute un traitement dégradant des personnels, du haut encadrant aujourd’hui, aux employés demain.

L’ensemble des organisations syndicales exige une prise de conscience immédiate de la Direction de l’état d’urgence en matière d’hygiène, sécurité et conditions de travail

Le refus d’entendre de la Direction Générale et des Directions Régionales, malgré l’article L 4121-3 du code du travail qui exige que l’employeur protège les salariés en matière d’hygiène sécurité santé et conditions de travail, est inacceptable et pèse sur le climat dans les sites :

  • La Direction ne fait aucune anticipation des conséquences de la crise et de l’intensification des charges de travail en constante augmentation. Cet état de fait dégrade nos missions et la qualité du service rendu aux demandeurs d’emploi.

  • La Direction est à l’origine de la désorganisation créée par la mise en place de Pôle emploi et ne tient aucun compte de nos alertes.

Pourtant, les drames et les faits graves sur les lieux de travail et dans la vie personnelle, le recours aux arrêts de travail pour se protéger de l’intensification sont des preuves du mal vivre de l’ensemble des agents.

Nous exigeons aujourd’hui que l’Etablissement mette en œuvre des mesures concrètes et immédiates pour prévenir les violences et améliorer les conditions de travail dans Pôle emploi :

  • arrêt de la course à l’ouverture des sites mixtes

  • modifications des modalités de suivi du SMP

  • arrêt du management par les objectifs

  • plan d’embauches massives

  • arrêt du dispositif des offres raisonnables d’emploi en total décalage avec le contexte économique et social

L’ensemble des organisations syndicales attend des réponses urgentes et précises et non des déclarations de bonnes intentions. Nous entendons mobiliser tous les moyens légaux nécessaires pour que l’Etablissement remplisse ses obligations.”

Paris le 25 mars 2009


Compte rendu d’un rendez vous avec le Pôle Emploi de Basse Normandie :

Une lettre de protestation à Pôle Emploi sera envoyée par AC14,SPC, Synavi et l’ADADAT. Une nouvelle action est en préparation…

“Un certain sens de l’accueil… !

Le 24 mars, devant le siège de Pôle Emploi, près du Mémorial de Caen, à 14h, nous étions une quinzaine de militants d’associations et de syndicats défendant les droits des chômeurs, des précaires et des intermittents.. Nous avions obtenu ce rendez-vous suite à une première rencontre le 22 janvier. Nous avons été accueillis par une porte fermée interdisant l’accès au sas d’entrée et au hall d’accueil et c’est par un interphone que nous avons signalé notre arrivée.

Un quart d’heure après, une personne a franchi le sas et nous a rejoint à l’extérieur. Elle s’est présentée comme « médiatrice », chargée de nous recevoir  par la Directrice régionale, non disponible pour cette entrevue ; nous devions lui désigner 2 personnes par organisation. Nous lui avons fait remarqué que le 22 janvier nous avions été reçus par la Directrice et que nous ne pouvions la considérer comme médiatrice puisqu’elle était 100% Pôle Emploi. De plus, 2 représentants par organisation, cela faisait une délégation de 10 et donc qu’il était possible que nous soyons reçus tous les 15, dont plusieurs nouveaux chômeurs qui souhaitaient intervenir.

Une heure plus tard, nous étions 25 mais toujours à l’extérieur, avec une simili-médiatrice aussi fermée que la porte de l’institution qu’elle représentait. Alors que nous  insistions pour rencontrer quelqu’un de la direction, c’est une responsable des affaires générales, chargée de la sécurité qui a rejoint sa collègue. Ces 2 représentantes de Pôle Emploi nous ont ensuite annoncé qu’un sous-directeur voulait bien recevoir une délégation de 5 membres… !

Nous étions venus pour obtenir des réponses à nos questions du 22 janvier, entre autre, sur la restauration d’un véritable service d’accueil, sur le traitement des dossiers en retard et sur le suivi des personnes en contrat avenir . Nous souhaitions exposer nos critiques sur le nouvel arsenal de contrôles, harcèlements et radiations et sur le rôle de Pôle emploi dans l’utilisation de cet arsenal suite à la circulaire DGEFP (Direction générale de l’emploi et de la formation professionnelle) du 18 février 2009.

Pôle Emploi est bien placé pour savoir qu’avec les vagues successives de fin de mission, de fin de CDD et maintenant celles des licenciements collectifs, le nombre des demandeurs d’emploi explose. Quant aux offres détectées par pôle emploi, il y en a moins de 30 pour 1000 demandeurs.

Le soir du 24 mars, au journal télévisé de FR3 Basse Normandie, la Directrice que nous n’avions pu rencontrer, faisait la promotion de Pôle Emploi et de l’amélioration des services aux demandeurs d’emploi.”

Le 28 mars 2009

« Touche pas à ma poste ». Ensemble, usagers, élus, postiers. Agissons contre la privatisation, pour un service postal public!

“Le président de la république a confirmé le 19 décembre dernier sa volonté que le gouvernement dépose une loi au premier semestre 2009, pour transformer la poste en société anonyme et ouvrir son capital à des capitaux publics dans un premier temps, ce qui veut dire que dès que la bourse aura traversé la tempête, il permettra l’ouverture à des capitaux privés !

Rien ne l’oblige et rien ne justifie, la poste doit rester une entreprise publique !

La situation des postes européennes déjà privatisées est dramatiquement inquiétante du point de vue de l’emploi (300 000 suppressions d’emplois ces dernières années), de la dégradation du réseau des services, d’une baisse de la qualité alors que les tarifs explosent pour les usagers.

Alors que le gouvernement mobilise des milliards dans le sauvetage des banques, il doit tenir ses engagements vis-à-vis de la poste à savoir le paiement de 800 millions à 1 milliard d’euros par an, au titre du service universel, de l’accessibilité bancaire, de l’aménagement du territoire et de la distribution de la presse. Il doit également rembourser les dividendes perçus (141millions d’euros) sur les bénéfices de la Poste en 2007.

En période de crise bancaire, seule la banque postale a multiplié les ouvertures de livret A et vu sa collecte s’accroître de façon significative, forte de l’image d’une banque de service public, garante des dépôts et de l’épargne populaire. La privatisation de la poste accélérera la suppression de nombreux bureaux de poste.

Dans le département, de nombreux bureaux sont sur la sellette : Hérouvillette, Saint-Germain le Vasson, Cheux, Saint-Rémy, Asnelles, Ussy, Sainte-Marguerite d’Elle, La Graverie, Noyers bocage, La Cambe, Vierville Sur Mer, Landelles et Coupigny, Crèvecoeur, Bonnebosq etc.

La majorité des postiers et des usagers s’opposent à la privatisation de la poste.
Le gouvernement doit l’entendre et renoncer à cette privatisation !

Nous pouvons gagner !

L’espace est réel pour gagner un service public postal moderne et afin que les moyens soient dégagés pour assurer l’avenir du service public postal, ensemble nous devons poursuivre et amplifier la mobilisation en signant massivement la pétition et en venant nombreux :

le jeudi 14 mai à 20h00 au débat public sur la posteà Fleury sur Orne (salle Nicolas Oresme)”

Le Comité Départemental de Défense de la Poste:

CGT FAPT 14, UD CGT, FO.COM, Sud PTT, CFTC PTT, FSU.SOLIDAIRES, UNEF, PCF, ADECR, PS, MJS, MJC, MRC, PRG, NPA, CITOYEN A CAEN, ANPAG

Caen, le 20 mars 2009.

«Unis contre Sarkozy et le MEDEF»

Communiqué de presse

Huit partis et organisations de gauche du Calvados ont décidé de rédiger un appel commun en soutien et appel à la mobilisation interprofessionnelle du 19 mars prochain .

Par cette initiative, elles prennent ainsi la mesure du caractère exceptionnel de la situation politique, économique et sociale et de la nécessaire riposte citoyenne et politique face à l’entreprise de démolition sociale de Nicolas Sarkozy.

En cohérence, elles ont également décidé de défiler au sein d’un cortège commun lors de la manifestation du 19 mars à Caen, et derrière le slogan:

«Unis contre Sarkozy et le MEDEF»

Tous les citoyens désireux de s’associer à cette initiative sont invités à nous rejoindre.

*********************************************

La Fédération-ANPAG, Mouvement jeunes communistes de France (MJCF), Mouvement des jeunes socialistes (MJS), Mouvement républicain et citoyen (MRC), Parti communiste français (PCF), Parti radical de gauche (PRG), Parti socialiste (PS), les Verts

HUIT PARTIS ET ORGANISATIONS DE GAUCHE DU CALVADOS DEFILERONT LE 19 MARS AU SEIN D’UN CORTEGE COMMUN.

La victoire des Guadeloupéennes et des Guadeloupéens en appelle d’autres. Amplifions la mobilisation !

90 000 chômeurs de plus le mois dernier, 350 000 supplémentaires déjà pronostiqués par les statistiques officielles, pas une semaine sans l’annonce de nouveaux plans de licenciements…

Chaque jour qui passe confirme l’ampleur et la gravité de la crise qui pèse sur la population, à commencer par les salariés du public et du privé, les chômeurs et les retraités.

Chaque jour qui passe confirme aussi le danger qu’il y aurait à laisser se poursuivre la mise en oeuvre des choix du gouvernement actuel, qui, loin de combattre les racines de cette crise, continue au contraire de l’alimenter, continue de nous la faire payer et s’enfonce dans une dérive autoritaire pour imposer ses choix !

L’argent, par milliards d’euros, continue de circuler à sens unique : tout pour les financiers et les grands patrons, les miettes pour le monde du travail ! Les robinets sont grands ouverts pour éponger les pertes des Caisses d’Epargne et des Banques populaires sur les marchés financiers spéculatifs et financer leur fusion en nommant un PDG sous contrôle de l’Elysée. Ils le sont encore pour renflouer les groupes automobiles en les laissant continuer à licencier et à développer le chômage partiel (20 000 suppressions d’emplois annoncées !). Mais ils sont fermés pour l’université et la recherche, l’hôpital et la santé, le logement social, les salaires et les retraites, l’ensemble des services publics.

Cela suffit ! C’est socialement intolérable, économiquement inefficace et politiquement inadmissible. Ce n’est pas au monde du travail, à la population de payer la crise! La journée du 29 janvier comme le mouvement aux Antilles, en Guyane et à la Réunion portent clairement ce message et l’exigence d’un changement de cap, notamment sur les questions des salaires, de l’emploi et des services publics.

Les mobilisations imposent de premiers reculs au gouvernement.

Nous saluons la victoire des Guadeloupéens, notamment sur l’augmentation de 200 euros pour les bas salaires et sur les mesures contre la vie chère. Nous saluons le mouvement à l’université qui a obtenu le gel, pour deux ans, des suppressions de postes d’enseignants-chercheurs.

Plus légitime que jamais, l’exigence de choix politiques, économiques, écologiques et sociaux différents grandit dans le pays, en Europe et dans le monde. Elle conteste et combat les logiques de la mondialisation capitaliste, les appétits de profits, de rendements financiers exorbitants et la mise en concurrence basée sur le dumping social et fiscal.

Des mobilisations importantes continuent de se déployer et de se renforcer. C’est vrai dans l’université, la recherche, la santé, la poste et d’autres secteurs publics. C’est vrai dans de très nombreuses entreprises privées où les plans de licenciement, de chômage partiel et de compression salariale frappent quotidiennement. Tout cela confirme le besoin d’unité pour construire le rapport de force le plus large.

Si la grève en Guadeloupe a fini par être entendue, la surdité du Président de la République, du gouvernement et du Medef à l’égard des revendications que la journée d’action unitaire du 29 janvier et les grèves dans l’ensemble des Antilles et à l’île de la Réunion ont portées, continue.

Dans ces conditions, les organisations syndicales ont unanimement confirmé la tenue d’une grande journée de grèves et de manifestations le 19 mars prochain. Conscientes que l’unité est une force essentielle face à l’obstination gouvernementale et patronale, comme le montre le mouvement des Antilles, les organisations de gauche du Calvados signataires de ce texte appellent à soutenir et à amplifier ces mobilisations, à réussir le 19 mars une très grande journée de protestation et de propositions, plus forte encore que celle du 29 janvier.

Elles souhaitent contribuer, dans la diversité de leurs positions, à amplifier dans ces mouvements, le débat et l’action sur les nouveaux choix politiques alternatifs aux logiques actuelles nécessaires et utiles pour répondre aux mobilisations sociales.

Cela concerne notamment l’opposition aux suppressions d’emplois et à la précarisation, dans le privé comme dans le secteur public, l’augmentation des salaires, du SMIC, des minima sociaux et des retraites, la défense et le développement des services et de l’emploi publics, la réorientation des richesses du pays vers le développement de productions et de services susceptibles d’engager notre pays dans un tout autre mode de développement fondé sur la satisfaction des besoins sociaux dans le respect des équilibres écologiques.

Parce que nous avons pris la mesure du caractère exceptionnel de la situation politique, économique et sociale, nous avons décidé de défiler le 19 mars au sein d’un cortège commun, derrière une banderole portant le slogan « Unis contre Sarkozy et le MEDEF ».

Tous les citoyens désireux de s’associer à cette initiative sont invités à nous rejoindre, le 19 mars à 10 heures 30, à Caen à l’angle rue Saint- Jean / Boulevard Maréchal Leclerc (devant le Crédit agricole).

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