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A propos de l’université politique du 5 février 2009 : ” Internet dans les luttes”

A propos de l’université politique du 5 février 2009 : ” Internet dans  les luttes”
Texte du YETI, l’un des intervenants:

INTERNET, UN INSTRUMENT DE LIBÉRATION

Le Yéti – 8 février 2009

Avec le téléphone portable et ses fonctions audio-visuelles, Internet est à ce jour le plus formidable outil de libération que le progrès technique ait donné à l’individu contre les pouvoirs politiques, économiques, sociaux ou culturelles. Créé par les puissants (l’armée américaine !), il a échappé à ses créateurs comme Mr Hyde au Dr Jekyll.

Un individu malin, sans formation spécifique, peut y avoir, avec son blog, un impact aussi fort qu’une multinationale. Le phénomène de la mise en réseau, qui accélère la circulation et le relais des idées, est un redoutable outil de lutte politique. Jamais possibilité de relayer une information, une pétition, un mot d’ordre d’action ne fut offerte au militant.

Internet dynamite l’économie capitaliste en créant tout un pan d’activités d’où l’intermédiaire argent est exclu. En échangeant musiques et films, les internautes ont réussi le tour de force de faire mordre la poussière à la puissante industrie audiovisuel. Les logiciels libres (OpenOffice, the Gimp…) font la nique aux logiciels commerciaux (Microsoft Office, Photoshop…). Dans les établissements scolaires, les enseignants fabriquent et échangent de plus en plus documents et cours via le web et les vidéos-projecteurs, au grand dam des éditeurs scolaires et de leurs juteux manuels, Wikipédia a terrassé les encyclopédies d’antan…

Échec de la reprise en main

Les autorités politiques et économiques de tout poil et de tout pays tentent bien sûr de reprendre la main sur cet outil qui leur échappe et d’une certaine façon les menace. Mais jusqu’à présent, leurs tentatives pour museler les “tuyaux” du web ont échoué, y compris dans les pays aux régimes les plus autoritaires. Trop de “tuyaux”, c’est la caractéristique et la force subversive du web. Plutôt que de gémir sur les tuyaux bouchés, jetons-nous sur ceux qui restent ouverts.

Impuissants, les puissants tentent d’en désamorcer la crédibilité en l’entourant d’un halo de peurs irrationnelles : Internet repaire de pédophiles et de révisionnistes, Internet instrument de manipulations perverses, Internet monde obsessionnel du pur virtuel, Internet big brother qui met l’individu sous surveillance policière…

C’est vrai qu’on trouve de tout sur Internet, mais n’est-ce pas le prix à payer pour la liberté ?

Par la prodigieuse possibilité de réactivité qu’il permet, toute tentative de manipulation sur l’Internet est immédiatement dénoncée et corrigée. Citez-moi un seul exemple de “Timisoara” né sur le web qui ait tenu plus de quelques heures. Recopiez dans Wikipédia la définition officielle du “colonialisme” telle que les vieux dictionnaires l’imposaient sans contestation à des générations, et vous verrez en quelques heures la vigueur des réactions.

Internet, monde virtuel obsessionnel ? Allons donc, de l’autre côté des “tuyaux”, les gens que nous y rencontrons sont bel et bien de chair et de sang. À nous de nous en convaincre. Notre dépendance grandissante à cet instrument n’illustre-t-elle pas notre soif inextinguible de contact et de partage (phénomène MSN, mail, SMS…) ?

Quand au syndrome big brother, n’est-il pas issu d’une irrationnelle paranoïa de notre part ? Bien sûr qu’ils vont tenter. Ils l’ont toujours fait. Mais comment voulez-vous que ceux-là qui ne parviennent pas à contrôler la multiplicité des tuyaux, aient aussi un œil sur chacun d’eux ? Trop d’informations tue l’information. Bien sûr qu’il y aura tentative de surveillance et de contrôle, mais avec ni plus ni moins de succès et de conséquences que jadis dans nos villages, nos immeubles, nos quartiers.

Un instrument, juste un instrument

Je pense vraiment qu’Internet n’enlève ni ne rajoute de puissance aux puissants. Mais qu’il en donne de nouvelles, et impressionnantes, aux individus.

C’est en cela qu’il est un formidable instrument de libération. Mais SEULEMENT un instrument, pas la libération elle-même.

La libération, c’est de nous et de nous seuls qu’elle dépend. De notre conscience et de notre volonté. Saurons-nous nous débarrasser de nos peurs et de nos inhibitions pour utiliser l’instrument qui nous est aujourd’hui offert et en profiter à sa pleine mesure ? Saurons-nous répandre cette fièvre auto-proclamée d’émancipation humaine aussi vite que le permet la multiplicité des “tuyaux” ? Aurons-nous la force et la ténacité d’aller trouver et occuper les si multiples “tuyaux” que les forces de répression n’auront pas réussi à contrôler ?

Tel est l’extraordinaire pari — politique — qui nous est aujourd’hui posé.



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